Dossier Juillet 2012

Interview avec Joëlle Brouard, Directrice de l’Institut du Management du Vin

 

L’Institut du Management du Vin (IMV) organisait une conférence « Innovation Trend & Wine Management » le vendredi 22 juin, événement suivi d’un think tank « Wine Digital » le lundi 25 juin. Pouvez-vous nous présenter ces rendez-vous ?

Joëlle Brouard

Il s’agit en effet de la première édition de la conférence ITWM « Innovation Trend & Wine Management », que l’Institut du Management du Vin organisait le vendredi 22 juin. L’objectif était de faire le point sur tout ce qui se fait de nouveau dans le monde du management du vin.

Une quarantaine de propositions de papiers a été reçue, et une dizaine de professionnels sont venus compléter les interventions et parler des innovations qu’ils mettent en œuvre dans le cadre de leurs activités. Un focus a été fait sur l’aspect digital, un axe de recherche privilégié de l’IMV, et Paul Mabray, spécialiste de la communication digitale dans le vin et créateur de Vintank, nous a fait l’honneur d’être le keynote speaker de l’événement.

Cette « phase académique » s'est poursuivie le lundi 25 juin par une « phase applicative » et un think tank sur l’aspect digital baptisé WiDi « Wine Digital ». Il s’agissait de s’interroger principalement sur la question des réseaux sociaux verticaux et horizontaux : où faut-il aller, plutôt vers les réseaux sociaux généraux ou spécialisés ? La présence des spécialistes internationaux de la communication digitale (chinois, australiens, anglais, portugais et français), sur place ou en conférence virtuelle, a permis à cette réunion animée par Damien Wilson de donner des pistes en la matière pour la filière viticole. L’objectif est ainsi de réaliser un livre blanc.

 

Depuis sa création en 2009, l’IMV concentre beaucoup de ses recherches sur les thématiques de l’innovation et des tendances. Pourquoi ce choix ?

Bouteilles en cave

On a toujours l’image du vin comme un secteur traditionnel. En réalité, il s’y passe beaucoup d’innovations ! Notre but à l’IMV est de mettre en avant ce qui se pratique aussi bien d’un point de vue académique que professionnel. C’est le rôle que s’est donné l’IMV : être un incubateur d’idées et un véritable acteur dans la réflexion et l’évolution du secteur. C’est pour cela que depuis sa création en 2009, l’innovation et les tendances sont au cœur de la démarche de cette structure. Témoin en est par exemple cette étude menée sur les blogs américains et chinois ces derniers mois par les étudiants de nos formations MS CIVS (Commerce International des Vins et Spiritueux) et MSc Wine Business, sous la houlette d’Evelyne Resnick.

Par ailleurs Damien Wilson, en plus de travailler sur les nouveaux types de bouchons, est à la pointe de tout ce qui se fait sur Twitter au niveau du vin. Il poursuit ainsi à ce sujet ce qui représente le premier projet de recherche conjoint avec Sarah Quinton, professeur de marketing d’Oxford Brookes University (OBU), établissement avec lequel l’ESC Dijon développe une alliance stratégique globale. De son côté, Benoît Lecat travaille notamment avec Tom Farell, lui aussi d’OBU, sur les réglementations nationales dans le secteur du vin. Nous avons aussi Claude Chapuis, vraie mémoire du vin, qui publie de nombreux ouvrages autour de la vigne.

Tous ces grands spécialistes de notre faculté sont d’ailleurs là pour rappeler cet aspect fondamental pour l’IMV qui est la volonté d’appliquer ces savoirs en entreprise ou dans la filière. À ce titre, il est important pour les nouvelles générations d’être à la pointe de ce qui se fait du point de vue des innovations et des tendances.

 

L’IMV a-t-il d’autres pistes de recherches ?

Groupe d'étudiants dans les vignes

Bien sûr ! Angela Sutan et son équipe du LESSAC, spécialisés en économie expérimentale, travaillent sur le comportement du consommateur et du producteur, et se demandent notamment comment faire pour que chacun puisse adopter de nouvelles attitudes respectueuses de l’environnement. Le laboratoire mène en ce moment un grand projet baptisé Vinpest pour le Ministère de l’Écologie, autour de l’utilisation des pesticides dans les vignes. Ce projet est également financé par le Conseil Général de Bourgogne.

Notre équipe ICE (Innovation, Clusters et Entrepreneuriat), pilotée par Jean-Guillaume Ditter, réfléchit à la notion très évolutive de territoire dans les problématiques vitivinicoles, sa définition et ses contours, et comment cela s’articule dans une logique de développement. Jean-Guillaume mène notamment des recherches sur les aspects de « marques territoriales », dont un projet également co-financé par le Conseil Général de Bourgogne. En cela je dois préciser que Cahors représente un terrain d’étude et académique privilégié puisque nous y organisons depuis 2008 la Cahors Malbec Académie, en collaboration avec l’Union Interprofessionnelle du Vin de Cahors et son Directeur Marketing Jérémy Arnaud, un diplômé du CIVS. L’idée est d’immerger pendant près d’une semaine les étudiants du CIVS chez les vignerons de Cahors. Ces échanges sur le terrain constituent une expérience pédagogique unique pour les étudiants, qui apportent de leur côté leur compétence commerciale aux vignerons.

Dernier axe de recherche qui nous tient à cœur : l’adaptation au secteur du vin des travaux de Stéphan Bourcieu sur le manager institutionnel. Vous le voyez, nos axes de recherche, s’ils se concentrent beaucoup sur l’innovation et les tendances, restent divers et variés.

 

Des liens pour aller plus loin :

 

Partenaire : UIVC (Union InterProfessionnelle des Vins de Cahors)

Logo de l'Union Interprofessionnelle des Vins de Cahors